La reprise des dividendes viendra soutenir les actions

Le rebond devrait suivre le rythme de la reprise économique. Mais le niveau de distribution de 2019 ne devrait pas être retrouvé avant 2022 ou 2023.

Les dividendes vont-ils revenir à l’ordre du jour ? Après la chute de 20% des distributions en Europe en 2020, liée à la crise Covid et aux injonctions d’autorités réglementaires, patronales et gouvernementales, les sociétés devraient reprendre leur politique de distribution, donnant du même coup un attrait accru aux actions pour les investisseurs.

Les sociétés du MSCI Europe devraient verser 330 milliards d’euros de dividendes cette année, selon AllianzGI. Soit un rebond de 14% par rapport aux 290 milliards distribués en 2020, mais un montant qui reste inférieur aux 360 milliards de 2019. Un niveau qui sera retrouvé, au plus tôt, en 2022, anticipe le gestionnaire d’actifs.

En 2021, les dividendes de l’Euro Stoxx devraient rebondir de 34%, puis progresser de 11% en 2022 et de 8% en 2023, retrouvant enfin le niveau de 2019, selon le consensus Bloomberg. Au niveau actuel, le rendement des dividendes de l’Euro Stoxx dépassera 3,3% en 2023, contre 2,8% actuellement, note Ostrum AM. Un rendement particulièrement attrayant dans un univers de taux bas, voire négatifs.

Un tiers de la performance

Et le dividende participe substantiellement au rendement global des actions. De 1992 à 2020, l’Euro Stoxx a offert un rendement total annuel moyen de 7,5%, dont 2,6% pour le seul dividende, rappelle Ostrum AM. Le dividende représente ainsi 35% de la performance des actions européennes. Toutefois, cette moyenne cache une grande diversité. Dans les secteurs de l’énergie, des télécoms, de l’immobilier, des services aux collectivités et des assurances, les dividendes pèsent pour plus de 40% du rendement total. A contrario, le secteur bancaire offre un rendement du dividende de 3%, alors qu’il a perdu 1% en capital sur la période.

Pour les secteurs les plus dynamiques, le dividende représente une plus faible part du rendement global, ces sociétés préférant investir en croissances interne et externe. Notamment dans les produits personnels, le luxe ou la technologie. Mais des secteurs, comme les pétrolières, qui ont jusque-là «fidélisé leur actionnariat grâce à une politique de versements réguliers élevés» vont devoir investir massivement pour leur transition énergétique, prévient Ostrum AM.

Les secteurs de la santé et des utilities «ont pu augmenter leurs paiements pendant la crise et devraient continuer dans cette voie à l’avenir», anticipe AllianzGI. En revanche, des secteurs plus affectés par la crise, comme les biens de consommation et les biens industriels cycliques devraient attendre une reprise économique globale pour accroître leurs dividendes. La société de gestion estime que l’énergie et les services financiers «resteront probablement plus longtemps en dessous des sommets précédents».

Alors que les stratégies dividendes ont sous-performé l’an dernier avec la chute des distributions, «cette thématique semble délaissée. […] Une rotation favorable à ce facteur semble justifiée, compte tenu du potentiel de distribution», explique Ostrum AM. D’autant que les dividendes donnent de la stabilité à de nombreux portefeuilles, car les distributions fluctuent moins que les bénéfices, et que dans le contexte actuel, «la  recherche de revenu du capital se poursuit», conclut AllianzGI. Verser des dividendes devrait alors soutenir la valorisation des sociétés. Une raison de plus pour reprendre cette distribution.