Culture financière : les Français ne sont pas si médiocres

Une enquête de la Banque de France montre une population dans la moyenne des pays de l'OCDE.

A force d'entendre parler de leur mauvaise éducation financière, les Français doivent avoir les oreilles qui sifflent. Une enquête de la Banque de France menée par l'institut CSA pourrait bien leur éviter des acouphènes. Un questionnaire de l'OCDE sur la culture financière du grand public a été distribué auprès de 2.000 Français âgés de 18 ans et plus, du 18 juin au 9 juillet 2021, et les résultats sont honorables : les copies ont recueilli en moyenne 13/21, soit un score proche de la moyenne des pays de l'OCDE et relativement stable d'une année sur l'autre. 

La Banque de France accompagne ses encouragements d'un «peut mieux faire». «Les Français disposent d’une maîtrise insuffisante des effets de l’inflation et du mécanisme des taux d’intérêt, écrit-elle. La compréhension de certains rapports mériterait d'être renforcée notamment entre le rendement d'un placement et le risque d'une part et entre la diversification des placements et le risque de perte d'autre part.»

Un budget maîtrisé

Les sondés eux-mêmes sont conscients de leurs lacunes, puisque 69% d'entre eux jugent leurs connaissances moyennes ou faibles sur les questions financières. Les Français sont pourtant attachés à leur santé financière. Ils sont 71% à être impliqués dans la gestion de leur budget, surveillant leurs finances au grain et avec une prudence qui augmente avec l'âge. Trois Français sur quatre ont épargné au cours de l'an passé et près de la moitié de la population se fixe des objectifs financiers, comme acheter une maison ou mettre de côté. La part des personnes interrogées qui se déclarent satisfaites de leur situation financière est en augmentation (42%) et les indicateurs de fragilité baissent : 39% des sondés ont eu du mal à finir le mois lors de l'année passée contre 47% en 2018. Et 18% s'estiment trop endettées. 

Une exposition aux arnaques forte chez les jeunes

Maîtrise du budget ne veut pas dire maîtrise des risques. 9% des sondés ont déjà fourni accidentellement des informations financières en réponse à une sollicitation, et 6% ont suivi des conseils d'investissement pour investir dans un placement fraduleux. Les chiffres deviennent même inquiétants sur la portion des 18-24 ans, chez qui les chiffres montent à respectivement 26% et 15%. Des statistiques qui font écho à l'étude de l'AMF dévoilée lundi, qui rapportait que 64% des Français continuent de penser que des placements garantis peuvent rapporter plus que les livrets d'épargne. Les jeunes sont d'autant plus sensibles aux sollicitations des escrocs qu'ils sont la population la plus au contact des réseaux sociaux et des influenceurs. Soit le nouveau point d'entrée privilégié des aigrefins, avaient averti lors d'une conférence de presse commune le Parquet de Paris, l'AMF, l'ACPR et la DGCCRF.