Emploi et logement : ces villes qui cumulent les atouts

Mulhouse, Orléans et Dijon cumulent un pouvoir d’achat immobilier intéressant et un stock d’offres d’emploi important.

Qu’ils sont nombreux à vouloir s’exiler des grandes villes ! Fuir les grandes agglomérations et se mettre au vert. Mais la vie de rats des champs a aussi ses inconvénients, à commencer par l’attractivité économique de la zone de destination. Trouver un emploi peut vite tourner au calvaire dans certaines régions peu dynamiques. Avant de déménager, il vaut mieux donc s’assurer que l’on pourra facilement trouver chaussure à son pied.

Pour aider les ménages à y voir plus clair, le groupe Meilleurtaux et le site de recherche d’emploi Meteojob ont établi le palmarès des 31 plus grandes villes françaises offrant le plus d’opportunités sur les deux tableaux. L’étude mesure ainsi le nombre d’offres d’emploi en CDI rapporté au nombre d’habitants, ainsi que le pouvoir d’achat immobilier (1). Le classement voit les grandes agglomérations éclipsées au profit des villes moyennes.

Mulhouse, Orléans et Dijon occupent le trio de tête

Mulhouse occupe la première place du classement des villes les plus attractives en matière d’emploi et de pouvoir d’achat immobilier. Elle présente un taux d’offre en CDI de 6,29% pour 100 habitants. Pour un salaire médian, il est possible de devenir propriétaire d’un bien de 83m².

A la seconde place, on retrouve Orléans, une ville proche de Paris qui, à en croire les auteurs de l’étude, « a gagné le cœur des Franciliens ». La surface accessible pour un salaire médian est de 69m2 et le taux de CDI pour 100 habitants de 7,22%.

Enfin, Dijon ferme la marche. Le potentiel économique de la ville a bondi en un an : elle présente 6,47% de CDI pour 100 habitants, alors que ce taux n’était que de 0,54% en 2020. «La capitale de la Bourgogne est de plus en plus plébiscitée, expliquent les auteurs de l’étude. Les atouts de la ville ont su séduire de nouveaux acquéreurs. La surface accessible est de 57m2 cette année, pour un prix au mètre carré de 2.670 euros».

Derrière le podium suivent Rouen et Saint-Etienne en 4ème et 5ème places. La ville normande affiche un taux de 5,87% d’offres en CDI pour 100 habitants (contre seulement 0,65% en 2020) et une superficie de logement accessible avec un revenu médian de 61m2 en moyenne. Saint-Etienne, quant à elle, c’est 3,36% d’offres en CDI pour 100 habitants et 101m2 accessibles en moyenne. Respectivement, le prix au m2 de ces deux villes est de 2.942 euros et 1.487 euros.

Bordeaux, Lyon, Paris…Ces villes déséquilibrées

Du côté des autres villes de France, l’équilibre n’est pas toujours de mise. Certaines se distinguent par une forte attractivité de l’emploi mais un pouvoir d’achat immobilier très faible. C’est le cas de Bordeaux. Alors que le « Petit Paris » voit son compteur d’offres d’emploi s’emballer (7,16% de CID pour 100 habitants contre 0,71% en 2020), son marché immobilier devient de plus en plus inaccessible. «En moyenne, seuls 30m2 sont accessibles [avec un salaire médian, ndlr], nous apprend l’étude. Le prix au m2 a même dépassé le 5.000 euros du mètre carré». A Lyon aussi le terrain de l’emploi est prospère (5,28% pour 100 habitants) mais le marché immobilier bloqué (seulement 29m2 accessibles en moyenne, avec un prix au mètre carré de 5.513 euros).

Si d’autres villes présentent le même déséquilibre, Paris se distingue particulièrement. La capitale enregistre un taux de 4,34% d’offres en CDI pour 100 habitants, mais seulement 17 petits mètres carrés accessibles en moyenne. Selon la Fnaim, le prix moyen au mètre carré a atteint 10.985 euros en 2021.

A l’inverse, d’autres villes présentent un pouvoir d’achat immobilier important mais une faible attrctivité de l’emploi. C’est le cas notamment de Perpignan (112 m² accessibles mais seulement 2,30% de CDI pour 100 habitants) et de Toulon (68m² accessibles mais 2% de CDI pour 100 habitants, soit la ville la moins attractive professionnellement de tout le classement). «Ces villes tendent à se développer professionnellement, tempèrent les auteurs de l’étude. Leur attractivité croît un petit peu moins vite que les autres villes du territoire, mais avec le temps, elles arriveront au même point que les autres.»

(1) Le pouvoir d’achat immobilier, lui a été calculé à partir du salaire médian dans chaque ville, des taux d’intérêt pratiqués localement et du prix de l’immobilier.